L'ilôt des pingouins

"Mais quand les lois seront justes, les hommes seront justes." Anatole France

27 septembre 2007

Suppression des avantages sociaux: la Banque mondiale joue franc jeu

La mission de la Banque mondiale est d'aider les pays en voie de développement et les pays les moins avancés à sortir de l'ornière, par l'émergence de la démocratie, des programmes en faveur de la santé et de l'éducation, l'émergence de services publics, bref, diminuer la pauvreté et renforcer les Etats de droit.

Cependant, le dernier rapport rendu par la Banque mondiale laisse dubitatif; rien que le nom paraît paradoxal: Doing business! Faire en sorte que les entreprises de ces pays pauvres puissent se développer de cette manière pourrait presque passer, logique libérale inefficace, mais soit. Or, à parcourir un peu le document, on se trouve happé dans un monde de requins, et les objectifs louables de la Banque mondiale se retrouvent remisés au placard... finalement, rien ne change.

Mais ici, il est question de faire son marché: où est-ce que moi, grand entreprise internationale, je pourrais bien implanter mes prochaines succursales, faire quelques délocalisations???!! Un classement est établi, et les critères ravageurs: coût du travail licenciement compris, montant des impôts sur les sociétés. Les quelques 10 000 salariés de la Banque mondiale ne servent donc qu'à préparer le terrain aux entreprises qui veulent produire plus en payant moins.

Dans le classement apparaissent même des pays qui n'adhèrent pas à l'Organisation internationale du travail, qui impose un minimum de règles. Le salarié jetable, c'est le top. Et ce type de rapport, qui ne contribue en rien à chercher dans le sens de moins de pauvreté, risque surtout de servir de moyen de pression sur les pays qui accordent trop d'avantages sociaux aux salariés... l'allongement de la durée de travail est un atout, songez-y, camarades... patrons!!!

Posté par Orberose à 19:37 - Institutions internationales - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


C'est vraiment bien d'avoir des patrons de presse pour potes...

Et ça continue, la censure larvée! Lagardère toujours, un ami, Sarko vous le dira: un type à qui on peut faire confiance, un type prévenant! Vette fois, c'est le magazine Choc, du journalisme de caniveau, mais il s'agit tout de même de presse.

Voilà l'affaire, révélée par Bakchich: Sarko pris en photo, sortant du Conseil des ministres du 12 septembre; sur la photo apparait une lettre que les grands investigateurs de Choc ont eu la mauvaise idée de déchiffrer pour la publier; mais juste avant de passer à l'imprimerie, les deux pages sont supprimées, et l'AFP chargée de récupérer les numéros contenant l'article (c'est beau, le nouveau métier de journaliste)... Une petite remarque à l'attention de Lagardère: il devrait peut-être énoncer clairement que ses journalistes ne peuvent pas publier d'article gênant son "frère", ça éviterait tout ce boulot inutile...

En tout cas, le statut de journaliste réclamé par les syndicats de journalistes devraient être mis en place le plus rapidement possible, dans la mesure où il garantirait un peu plus leur indépendance!

Posté par Orberose à 19:14 - Médias et pouvoirs - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

26 septembre 2007

Une franchise hypocrite

La franchise sur les soins votée par la droite ne comblera pas le déficit de la Sécu, un grand nombre s'accorde à le dire; en revanche, les changements seront réels pour les petits revenus (encore faut-il en avoir...). Ainsi, se faire soigner aura un coût pour chaque malade, en plus des cotisations sociales versées: 50 centimes d'euros par boîte de médocs, 2 euros par transport en ambulance... Par contre, rien n'est fait pour encadrer la délivrance de médocs, quand les entreprises pharmaceutiques usent de tous les moyens (pas toujours légaux!) pour séduire les médecins et les encourager à vendre, pardon, prescrire, leurs produits; rien pour encadrer le travail des médecins et leurs tarifs, qui, en ce qui concerne les spécialistes, ne cessent de s'envoler, augmentant le risque de médecine à deux vitesses...

Le rapport de force n'est pas favorable, les conservateurs de l'UMP disposant des voix nécessaires pour faire passr leur projet. Il reste donc un moyen pour éviter le pire: se rassembler afin de manifester notre désaccord profond avec ce traitement de défaveur. A Nantes, le rendez-vous est fixé samedi 29 septembre, à 14h, place Royale. Soyons nombreux, à samedi!

Posté par Orberose à 17:05 - Social - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

L'attente impatiente de la dépénalisation de la délinquance financière

Il est dans le petit monde des grands patrons et des grands hommes politiques (même petits...) qui doivent attendre avec une impatience certaine la dépénalisation de ce champ pénal, et surtout d'en connaître les contours précis.

En premier lieu, celui qui est à l'origine de cette "rupture", le petit agité himself! En effet, et le Canard enchaîné l'a révélé pendant la campagne, Sarko aimerait bien en finir rapidement avec cette histoire d'appartement lâché à prix d'ami, alors qu'il était encore maire de Neuilly. Car désormais, l'affaire prendrait presqu'une mauvaise tournure: une enquête préliminaire a été ouverte à ce sujet; ce n'est pas parce que le procureur qui en a la charge, Courroye, est un ami, qu'il faut se priver de prendre toutes les mesures possibles pour se mettre à l'abri.

Puis il y a aussi Denis Gautier-Sauvagnac, le grand patron de la métallurgie, haut responsable du Medef, syndicat lui aussi très favorable à la dépénalisation de la délinquance financière: selon le Figaro, une enquête vient d'ouvrir à son encontre pour avoir détourné quelque 5 millions d'euros de l'Union des industries et métiers de la métallurgie. Selon lui, cet argent, retiré par grosse sommes en liquide, n'a pas été détourné, mais utilisé pour les oeuvres sociales de l'organisme.

Allons, évitons les justifications foireuses, faisons voter une loi pour les bonnes oeuvres sociales de ces "pauvres dirigeants"... et dépénalisons!

Posté par Orberose à 16:25 - Justice - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Suppression du test ADN par les retraités

Youpi! Les vieux du Sénat se sont réveillés, et ont rappelé au gouvernement ainsi qu'au président, certaines valeurs républicaines, humanistes et droits de l'hommistes. Le test ADN allant totalement à l'encontre de ces valeurs, certains à droite ont estimé bon de se "rebeller" et de supprimer cette absurde idée de la loi sur l'immigration.

Petite victoire car il n'y avait pas que cette mesure qui dérangeait dans ce texte (citons la réduction des délais de recours pour les demandeurs d'asile) et, sans doute aucun, cette mesure risque de revenir très rapidement, au plus tard en 2009, lors du réexamen de la loi sur la bioéthique; en effet, la censure du Conseil constitutionnel planait, puisque la loi sur la bioéthique prévoit que les tests génétiques ne peuvent être effectués que dans le cadre judiciaire, ce qui nétait pas prévu ici. Il ne reste plus qu'à changer cette loi sur le bioéthique, dont la révision est d'ores et déjà prévue par cette loi: 2009. Par ailleurs, en 2009, nos sadiques "cerveaux" de droite auront peut-être trouvé une mesure encore plus inhumaine, ce qui fera que les test ADN passera inaperçu, limite bénin...

Posté par Orberose à 15:46 - Libertés - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

24 septembre 2007

Nécessaire et urgente régulation du marché

La presse générale découvre des économistes qui ne seraient pas des astrologues, et qui sont durs avec le marché. Ainsi Libé nous propose l'entretien avec un homme (que je ne connais pas), James Galbraith, économiste, et qui dit entre autres ceci:

"Autrement dit, les pilotes de l’avion ne contrôlent plus les commandes ?

La panique bancaire pousse à agir dans l’urgence, pas à réfléchir sur la façon dont il faudrait empêcher les crises systémiques. Ce sont les gros spéculateurs qui ont poussé la banque centrale américaine à injecter beaucoup d’argent et donc à se renier. Le drame, c’est que les banques centrales, en jouant ce rôle de «prêteur en dernier ressort», ont encouragé les banques commerciales à multiplier les opérations aventureuses. Les réussites éventuelles se feront à leur profit et les échecs seront assumés par la collectivité. Donc, on absout les banques de tous les péchés. Dans l’affaire Nothern Rock, le gouvernement a volé au secours de la banque, assurant que l’Etat britannique garantirait l’épargne des clients. Comme lors de la crise de 1998, où l’on avait volé au secours du fonds LTCM, qui avait englouti 110 milliards de dollars… Dans les deux cas, c’était nécessaire, même si cela ne résout pas le problème des centaines de milliers de familles qui vont être expulsées de leur maison, et même si cela ne garantit en rien la pérennité de la croissance de l’économie.


Finalement, le système financier n’apprend pas de ses erreurs ?

C’est la vraie nature du système capitaliste que révèle cette crise. C’est-à-dire la privatisation des profits et la mutualisation des pertes. Pour éviter de passer notre temps à soigner les symptômes (et pas les causes), de passer de l’euphorie à la gueule de bois, il faut une réforme approfondie du marché des capitaux. Car l’instabilité n’a pas toujours été de mise ! Des années 50 aux années 70, par exemple, on n’avait presque pas ce genre de problème. Il existait un système de régulation publique qui était assez fort. Depuis les années 90, on est revenu aux années 20, à la régulation par le marché, et l’on voit ce que cela donne: on va de bulles en bulles et de krach en krach."

Il critique la marche folle du capitalisme comme on l'entend trop rarement de la part des économistes. Certes, ce n'est pas parce qu'un économiste le dit que c'est vrai; cependant, il est bon d'entendre plusieurs sons de cloche, et je me retrouve bien plus d'accord avec ce type qu'avec un Strauss-Kahn qui propose un socialisme où les pertes sont mutualisées et les profits privatisés.

En tout cas, la régulation du marché est plus que nécessaire (et donc une réforme de l'OMC qui ne privilégie que la dérégulation), et la régulation du capitalisme financier au moins aussi urgente et nécessaire.

Posté par Orberose à 18:44 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

21 septembre 2007

Non aux tests d'ADN... et aux nouveaux reculs sur l'immigration!

La première lecture du énième projet de loi Sarko sur l'immigration est passée, et c'est le désastre, c'est la déshumanisation qui prime!

En premier lieu, le fameux test ADN, cette mesure qui focalise l'attention des médias, associations. Comme le Canard déchaîné le notait dans sa livraison du 19 septembre, si des lois sur l'immigration se succèdent à ce rythme effréné, c'est qu'à chaque fois, une mesure bourrine est proposée, détourne l'attention du reste du texte qui est adopté sans la mesure bouriine, celle-ci passant dans la loi suivante! Hé bien c'est exactement dans ce cas de figure que l'on se trouve: même si le test ADN est passé à l'Assemblée nationale, à peine allégé (notamment, les frais du test seront remboursés au demandeur, mais si la filiation est avérée), rien ne dit que le Sénat la laissera passée (surprenant, mais le Sénat, quand il s'agit de grandes valeurs, peut parfois aller à l'encontre du gouvernement).

En tout cas, cette mesure joue bien son rôle de diversion: car un amendement est passé qui va à l'encontre de nos valeurs républicaines d'humanité, d'accueil et de refuge des étrangers en situation de danger de mort dans leur pays. Le délai d'appel des décisions de refus est réduit de moitié, soit de un mois auparavant à deux semaines aujourd'hui pour faire appel. Par ailleurs, ce recours n'est suspensif que pour certaines catégories de demandeurs: les autres devront exécuter la décision... et retourner au pays!!! Vivement la prochaine loi?!!!

Pour tenter de résister à ce raz de marée d'inhumanité, on peut toujours signer la pétition du collectif Sauvons la recherche pour protester contre le test ADN. Et comptons également sur le Conseil constitutionnel, que le PS a saisi.

Posté par Orberose à 19:26 - V.IP. (Very Important Petition) - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

18 septembre 2007

Face au casse-tête des retraites, Medef et droite main dans la main

Parisot, la "patronne des patrons" du Medef (le medef qui gueule toujours contre les syndicats pas assez représentatifs qui s'opposent à lui, du genre vous refusez mais vous ne pensez pas à tous les salariés qui ne sont pas chez vous, ne représente qu'une petite fraction des patrons français!), y est allée de sa petite déclaration sur les retraites, au moment même où Sarko a donné son feu vert à son larbin Fillon pour supprimer les régimes spéciaux!

Que dit-elle? En gros, que c'est en travaillant plus longtemps que les Français "sauveront" leur régime de retraite: car il faut être catastrophiste, même si les prévisions sur lesquelles medef-droite se fondent sont erronées (effectivement, comme l'a révélé le Canard enchaîné en début d'année, l'INSEE s'est complètement plantée en ce qui concerne l'évolution démographique des actifs...). Mais revenons sur les principaux points de son discours. Tout d'abord, qu'il n'est pas question d'augmenter les prélèvements, elle préfère que soit allongée la durée de travail, à61 ans dans un premier temps, puis à 62 ans.

Sur les prélèvements sociaux, il serait bon de rappeler que depuis environ 20 à 25 ans, ceux-ci ne cessent de baisser, et que les prélèvements patronaux baissent plus vite que les prélèvements salariaux. L'illustration la plus flagrante concerne les stock-options, mais nous y reviendrons!

L'hypocrisie continue quand elle parle d'allongement de la durée du travail: la France connait un des plus faibles taux d'emplois des séniors!!! Repousser l'âge de départ à la retraite, dans ces conditions-là, revient surtout offrir des années de chômage et de stress supplémentaires (dû au fait qu'ils ne trouvent pas d'emploi)!

Enfin, ouverte au débat d'idée, à l'instar du président, elle a renvoyé Séguin, patron de la Cour des comptes, dans les cordes au sujet des stock-options: la Cour des comptes, selon la patronne, n'est pas dans son rôle. C'est que Séguin a cherché les embrouilles: dans un rapport rendu la semaine dernière, il a estimé que le fait que les stock-options ne soit pas imposées faisait perdre environ 3 milliards à la Sécu!!! Parisot, par des petites astuces patrono-juridiques, a essayé de dire: Stock-options: touche pas mon fric! C'est vrai quoi! c'est si dur d'avoir des stock-options...

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17 septembre 2007

La gauche la plus bête du monde

Jospin, le grand sage du PS qui a lâché sa famùille politique après sa propre défaite aux présidentielles en 2002, vient faire la leçon aux socialistes et à Royal en particulier! Tout comme son lâchage de 2002, on aurait pu se passer de ce livre incendiaire, qui ne sert pas à crédibiliser le parti face à l'opinion publique; ce n'est pas faire oeuvre salutaire pour le PS!

L'aigreur de la réaction vient-elle de cette revanche qu'il n'a pas pu prendre, n'ayant pas été désigné par les militants socialistes? Quoiqu'il en soit, s'il y a effectivement analyses et débats à avoir sur l'échec de la présidentielle, il ne doit pas se faire de cette manière, surtout de la part d'un homme dont on ne sait pas ce qu'il a retenu de son propre échec...

Il n'y a pas de bénéfice à adopter une telle démarche, ni pour le PS, ni pour lui-même; s'il veut éviter la désignation de Royal à la tête du Pati, qu'il s'y prenne, lui mais aussi les autres, différemment: par le débat d'idées, enfin, qui serait plus fertile que la querelle de personnes...

Posté par Orberose à 14:40 - PS, MJS & Gauches - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Innovation au ministère des expulsions

  L'ouverture n'est pas terminée: elle se fait aujourd'hui en direction de l'extrême-droite! Certes, il ne s'agit pas encore de personnes (même si ça ne saurait tarder...), mais d'idées!

Le test ADN pourrait être effectué sur les personnes candidates au regroupement familial: comme d'habitude, la droite vise la minorité qui abuse d'une mesure pour essayer au maximum de mettre fin à la mesure; jamais elle ne fera de pédagogie, toujours de la démagogie. Le test ADN emprunte parfaitement cette voie-là: peu importe qu'elle attente aux libertés ainsi qu'à la vie privée et familiale, dont, rappelons-le, les étrangers bénéficient de plein droit! La droite voit un bon moyen de freiner ainsi l'immigration: le test ADN sera à la charge des demandeurs... et un test ADN n'est pas à la portée de tous les porte-monnaies!

Cet acharnement  à l'égard des étrangers de la part de Sarko (qui ne voit pas, lui, où est le problème...) est un scandale: tout est fait pour stigmatiser les étrangers, sauf ceux que l'on peut récupérer et qui ont de hauts niveaux d'étude! Mais le mot d'ordre est clair: 25 000 expulsions dans l'année, c'est le service minimum (rendu à la xénophobie); les étrangers seraient-ils pour la droite de la marchandise impure à évacuer de toute urgence?

Posté par Orberose à 13:12 - Libertés - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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