30 novembre 2007

Emeutes: discours droitier traditionnel du petit agité

    A nouveau, la France a connu des émeutes cette semaine: pour le moment bien moins importantes que celles de 2005; pourtant, la similitude est frappante. Erreur policière, discours des responsables politiques et policiers en décalage par rapport à la réalité, donc inadapté; contexte économique et social inchangé...

    Mais pour le petit agité, il n'y a bien sûr pas de mystère: ce n'est pas de l'argent dont les banlieus ont besoin, c'est l'arrestation des émeutiers. Cette réponse est complètement à côté de la plaque pour deux raisons.

    D'une part, les arrestations massives et les jugements expéditifs rendus en 2005 n'ont pas toujours été d'une justesse et d'une réalité convaincantes. Par ailleurs, les conseillers de Sarko ne doivent pas lire d'études suffisamment détachées d'idéologie pour faire un diagnostic pertinent sur la situation des banlieues. Pourtant des chercheurs ont publié l'an dernier Quand les banlieues brûlent, sous la direction de Véronique Le Goaziou et de Laurent Mucchielli.

    Cette étude est vraiment intéressant sur les maux qui couvent dans les banlieues, et permet de voir que la réponse tout répressif du petit agité est inefficace (quoi qu'il en dise), ou celle, partielle, de la police de proximité est insuffisante. Car la réponse "police de proximité", si elle permet de mieux soigner les conséquences que des cars de CRS et des voitures de la BAC, est une réponse à court terme, pour rétablir la confiance entre police (et Etat) et population: moins de crispation (quand les jeunes de banlieues se font contrôler trois fois par jour, et que le policier demande ses papiers aux personnes en les appelant par leur prénom, il y a comme un malaise et des risques de provocation élevés!), ce n'est pas moins de sévérité quand c'est nécessaire (et non pas à tout moment quand ce n'est pas topujours nécessaire).

    Se limiter à cette seule politique-là, c'est ne pas toucher au malaise profond de la population qui vit désoeuvrée: c'est s'attaquer à une politique du logement; mais là encore ce n'est pas suffisant: la politique de l'emploi doit être vraiment volontariste pour atténuer les chocs violents violents du capitalisme sur les personnes qui sont exclues ou à la marge du système! Enfin, des moyens significatifs doivent être mis en oeuvre pour que le système éducatif soit performant dans les banlieues, et qu'il intègre réellement!

    Se pencher sur les problèmes de fond plutôt que sur les symptômes, c'est de la responsabilité de l'Etat; mais  les politiques de droite préfèrent s'arrêter sur les symptomes, par commodité, mais aussi pour servir leur politique sécuritaire et encadrer les "populations dangereuses"; les médias s'accomodent de ces symptomes, car c'est plus spectaculaire! Le petit agité nous promet un plan Marshall des banlieues: je crains plutôt le simple effet d'annonce...

Posté par Orberose à 19:39 - Commentaires [0] - Permalien [#]

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