L'ilôt des pingouins

15 février 2008

Portrait d'un homme hautain

        Dans un point de vue paru dans le Monde, Erik Orsenna tient à justifier sa démarche de participation à la commission d'Attali, suite aux nombreuses critiques qui viennent de la gauche. Démarche légitime: lorsque l'on agit, tout peut être expliqué; cela n'est pas un problème.

        Ce qui peut poser problème, en revanche, c'est de prendre de haut les personnes qui critiquent, cette attitude chère à Sarko! C'est de dire que, quand on aime son pays, on cherche des solutions; des solutions face à une situation nécessairement catastrophique: le catastrophisme touche à l'émotion, et peut permettre de faire accepter n'importe quoi. Et enfin de se faire passer pour une victime de cette gauche qui n'écouterait rien. La gauche connait un certain nombre de difficultés à avoir un programme d'avenir, mais elle a des propositions, cherche à s'améliorer; être aussi sûr de soi et de son travail, c'est mépriser!

        Mépriser la contradiction, c'est mépriser le débat! Ce qui manque tant dans la France sarkozyste, finalement... Orsenna avait donc toutes les qualités requises pour apporter sa lumière au peuple, qui ne sait forcément pas ce qui est bon pour lui. Orsenna est un réformiste, lui, il veut combattre tous ces archaïsmes dont la gauche serait porteuse. Dans le discours libéral, l'humanisme est un archaïsme!

        Qu'Orsenna assume ses prises de positions, mais qu'il n'en fasse pas l'alpha et l'omega de toute réforme! Qu'il ne soit pas si insultant face à ceux qui défendent une vision différente. Avoir le melon n'est pas signe de sagesse...

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14 décembre 2007

Attention, sarkozysation du FMI

    Avoir un Français à la tête du FMI, ça aurait pu être quelque chose de positif; de surcroît un socialiste. Mais, malheur à la social-démocratie: DSK ne se comporte pas en socialiste, mais en Français moyen (encore que, à voir la chute désormais régulière du petit agité...) devenu adepte des slogans de publicité de campagne de notre petit malheureux!!!

    Car Strauss-Kahn a tout simplement renié, ou peut-être plus simplement oublié ce qui pouvait faire de lui un socialiste, en se soumettant délibérément à la doxa libérale du FMI et au discours simpliste du petit agité. C'est le Canard enchaîné qui le rapporte: DSK estime que la France doit travailler plus si elle veut gagner plus!!! Nous savions que DSK n'était pas un ardent défenseur des 35h, mais de là à laisser entendre que les Français n'en foutent pas assez! Pour franchement utiliser les mêmes mots que Naboléon, cela doit être que DSK avait un grand fond libéral qui était adoucit par la fréquentation des socialistes...

    Car il n'y a pas que le discours qui est emprunté à Sarko, les pratiques le sont aussi: réduction du nombre de fonctionnaires du FMI, et augmentation expresse de son propre salaire  (500 000$ par an) de 7,5%!! Certes, cela n'a rien à voir avec les 172% d'augmentation de Sarko, mais la llogique est la même; la même aussi que ces patrons qui se payent en stock-options et golden parachutes, rejetés il me semble par les socialistes!!

    DSK s'exercerait-il à devenir le futur président français en singeant l'actuel?

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11 décembre 2007

De quelles leçons a besoin le Parti socialiste?

    Denis Macshane, ancien ministre anglais des Affaires européennes, a raison de vouloir un changement profond du Parti socialiste français, et il fait un constat plutôt juste de ce qu'est la politique du petit agité. Mais les leçons qu'il veut donner (sur Libé, Leçons anglaises à l'usage des socialistes français) sont celles d'un socialiste britannique, dont l'état du pays lors de l'arrivée au pouvoir du Labour en 97 n'avait rien de comparable avec l'état de la France lors de celle du PS; et par conséquent, les évolutions qu'a connues le Labour  ne pouvaient être les mêmes que celles du PS.
Et la France n'est toujours pas dans l'état de délabrement dans lequel le Royaume Uni avait été laissé après le passage de Thatcher!

    On peut reprocher au PS, justement, de n'avoir pas su évoluer depuis au moins... 1997; et Denis Macshane peut venir avec ses grandes leçons, mais un certain nombre de membres du PS critiquent déjà, et depuis un petit moment, la stagnation idéologique du PS. Dont les partisans de... Arnaud Montebourg, justement, celui dont il dit: "le Labour des années 80 était peuplé d'Arnaud Montebourg qui s'insurgeaient contre l'Europe et soutenaient que le peuple, et non le parti, devait être rééduqué"!!! Pour bien préparer les leçons que l'on donne, mieux vaut maîtriser son sujet...

    Par ailleurs, Macshane part apparemment du présupposé économique que l'intégration du marché est nécessaire à l'évolution du PS; or, entre cesser de pointer du doigt le marché pour mieux appréhender son fonctionnement afin de le réorienter, et l'accepter de manière un peu benête, il y a place au débat; je ne suis par exemple pas sûr de l'efficacité du marché en terme énergétique, et des moyens autres que la privatisation pour résorber la dette existent (la Gauche plurielle l'a fait de 1997 à 2002). Je ne suis pas non plus sûr que l'explosion du travail à temps partiel soit une bonne réponse pour les travailleurs!

    Plus que de leçons de ce genre (ou Macshane présupppose trop vite de la pertinence de ses propres réponses), c'est de débat qu'a besoin le vieux Parti socialiste, et des personnalités comme Macshane ont leur place dans ce débat!

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03 décembre 2007

La réaction salutaire du peuple venezuelien

    Hugo Chavez n'aura pas réussi à faire de la Constitution un instrument de pouvoir illimité, et c'est une bonne nouvelle. Le peuple du Venezuela s'est en effet pronocné à une courte majorité contre le projet de révision de constitution prévoyant la possibilité de se présenter indéfiniment à la tête de l'Etat, et surtout, de censurer les médias en situation de crise! Chavez menait le pays vers une forme de totalitarisme, que Poutine pratqie déjà (malheureusement avec succès, sa formation politique étant arrivé largement en tête dans un pays où l'opposition est tenue écartée des médias...).

    Chavez voulait également mener son pays vers un Etat socialiste, basé sur une économie collectiviste. Chavez est un socialiste qui a su imposer  aux Etats-Unis un rapport de force, alors que les Etats-uniens considéraient l'Amérique du Sud comme son terrain de jeu. Mais Chavez a malheureusement tendance à pratiquer un socialisme autoritaire; et son jeu diploma    tique manifeste une volonté de dominer l'Amérique du Sud. C'est bien dommage, quand les forces progressistes devraient s'unir pour être une force et un contre-poids au libéralisme débridé imposé par les Etats-Unis et les économies occidentales...

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30 novembre 2007

Emeutes: discours droitier traditionnel du petit agité

    A nouveau, la France a connu des émeutes cette semaine: pour le moment bien moins importantes que celles de 2005; pourtant, la similitude est frappante. Erreur policière, discours des responsables politiques et policiers en décalage par rapport à la réalité, donc inadapté; contexte économique et social inchangé...

    Mais pour le petit agité, il n'y a bien sûr pas de mystère: ce n'est pas de l'argent dont les banlieus ont besoin, c'est l'arrestation des émeutiers. Cette réponse est complètement à côté de la plaque pour deux raisons.

    D'une part, les arrestations massives et les jugements expéditifs rendus en 2005 n'ont pas toujours été d'une justesse et d'une réalité convaincantes. Par ailleurs, les conseillers de Sarko ne doivent pas lire d'études suffisamment détachées d'idéologie pour faire un diagnostic pertinent sur la situation des banlieues. Pourtant des chercheurs ont publié l'an dernier Quand les banlieues brûlent, sous la direction de Véronique Le Goaziou et de Laurent Mucchielli.

    Cette étude est vraiment intéressant sur les maux qui couvent dans les banlieues, et permet de voir que la réponse tout répressif du petit agité est inefficace (quoi qu'il en dise), ou celle, partielle, de la police de proximité est insuffisante. Car la réponse "police de proximité", si elle permet de mieux soigner les conséquences que des cars de CRS et des voitures de la BAC, est une réponse à court terme, pour rétablir la confiance entre police (et Etat) et population: moins de crispation (quand les jeunes de banlieues se font contrôler trois fois par jour, et que le policier demande ses papiers aux personnes en les appelant par leur prénom, il y a comme un malaise et des risques de provocation élevés!), ce n'est pas moins de sévérité quand c'est nécessaire (et non pas à tout moment quand ce n'est pas topujours nécessaire).

    Se limiter à cette seule politique-là, c'est ne pas toucher au malaise profond de la population qui vit désoeuvrée: c'est s'attaquer à une politique du logement; mais là encore ce n'est pas suffisant: la politique de l'emploi doit être vraiment volontariste pour atténuer les chocs violents violents du capitalisme sur les personnes qui sont exclues ou à la marge du système! Enfin, des moyens significatifs doivent être mis en oeuvre pour que le système éducatif soit performant dans les banlieues, et qu'il intègre réellement!

    Se pencher sur les problèmes de fond plutôt que sur les symptômes, c'est de la responsabilité de l'Etat; mais  les politiques de droite préfèrent s'arrêter sur les symptomes, par commodité, mais aussi pour servir leur politique sécuritaire et encadrer les "populations dangereuses"; les médias s'accomodent de ces symptomes, car c'est plus spectaculaire! Le petit agité nous promet un plan Marshall des banlieues: je crains plutôt le simple effet d'annonce...

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